Le Chant du sabre | Pier Lamandé
Le Chant du sabre
Pier Lamandé
Nous sommes souvent altérés, déplacés, percutés par une réalité qu’il nous est complexe d’appréhender. Les défis actuels peuvent nous plonger dans un repli sur nous-mêmes, une décision d’annihiler toute évolution, une peur provoquant agressivité et rejet. Or les récits les plus anciens et fondateurs nous invitent, par des traditions culturelles diverses, à nous immerger dans cet inconnu, source de connaissance et de clarté et à y rencontrer l’autre, dans son humanité.
Tel Akeji, artiste japonais et ermite contemporain aux portes de notre monde, il est peut-être possible d’augmenter cette réalité, de lui imposer un temps personnel et ouvert sur notre complexité. Et si la clé était d’absorber ces peurs qui nous immobilisent, de se réapproprier nos besoins, de reconstruire nos fondamentaux ? Et s’il nous était nécessaire de reprendre conscience de nos racines et de nos héritages afin de mieux traverser l’avenir ?
Entre tradition et contemporanéité
Ainsi prend corps cet être au centre d’un monde dont la vitesse et la surabondance l’asphyxient. Il entreprend de ralentir cette expérience du monde, de questionner chacun des éléments qui le fonde. Entre tradition et contemporanéité, il en explore chaque facette afin d’espérer reconstruire un ensemble dont il souhaite devenir l’acteur.
Afin de retrouver l’essence des cinq éléments, tels qu’ils existent dans la tradition japonaise, le sabre tranche l’espace et redéfinit chaque partie dans sa spécificité : l’eau, la terre, l’air, le feu et le vide. Ce dernier est aussi le lieu de la plénitude et de la création de toute chose. Ainsi notre héros, en exerçant son art martial, ouvre la voie pour rebâtir son existence et remettre chaque chose à sa place. Ce spectacle nous invite à ce cheminement pour questionner un avenir moins belliqueux.